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Je ne vais pas m’étendre sur l’admirable travail de mémoire que propose ce film, même si, il est indéniable qu’il ne faudra jamais oublier que des milliers d’Hommes et de Femmes se sont battus pour leur liberté (et se battent encore) et que l’esclavage est une page de l’Histoire abominable.

 

Je ne vais pas revenir sur le travail de réalisation dont a été capable Steve McQueen dans ses films précédents (seulement deux... le talent n’attend pas le nombre de réalisations... !).

 

Et je ne reviendrais pas sur l’histoire en elle-même qui est glaçante, et dont les scénaristes ont su en saisir toute la substance issue du livre autobiographique de Salomon Northup. On ne peut qu’être saisi d’horreur, étouffé par l’émotion tout au long du film...

 

Mais ce dont je voudrais vous parler, ce qui m’a subjugué, c’est la réalisation de Steve McQueen tout au long de ce «12 years a slave»...

 

Chaque scène, et surtout chaque plan est parfaitement juste. Toutes les longueurs, tous les ralentis, tous les soupirs sont justifiés. Tous les flous, tous les gros plans, tous les effets sont nécessaires. Tout est temporisé, maîtrisé presque à l’extrême mais tout est d’autant plus juste.

Que dire de la photographie et de la lumière ? 

Je dis souvent que l’âme d’un film c’est sa musicalité, mais là, clairement, l’âme de ce film c’est sa photographie. Tellement délicate, tellement sensible, tellement touchante et désarmante. En un plan et une lumière, Steve McQuenn a su tout saisir... Et il le fait pendant 2h15...

A ce rythme, ça en devient presque suffoquant; de beauté, de douleur, d’émotion...

 

Par ailleurs, le film est indéniablement rempli de violence. Mais d’une violence subtilement aigre et acide, une violence dénué de spectacle. On est spectateur impuissant par la force des choses, mais seulement spectateurs de l’Histoire cruelle, sans être spectateurs voyeuristes d’une simple mise en scène.

 

C’est rigoureux, difficile, agressif, torturé et torturant, c’est douloureux, mais jamais on ne songe un instant à décrocher son regard de ces images saisissantes même lorsqu’elles sont violentes, jamais on n’envisage de soupirer, au contraire, on retient son souffle fébrilement jusqu’au bout.

Et on se retrouve subjuguée par une émotion incroyable, toute en image.

 

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Vous l’aurez compris, j’admire sans conteste (!) le talent de Steve McQueen, et j'encense d’autant plus son choix d’acteurs.

Chiwetel Ejiofor incarne Salomon Northup avec une force et une sensibilité désarmante.

Quand à Michael Fassbender... qu’on lui donne un oscar (même s’il n’en veut pas - ai-je envie de dire...) !! Je l’ai trouvé incroyable dans le rôle de Epps, avec un panel de jeu et une subtilité telle qu’il tisse de complexité un rôle qui aurait seulement pu être cruellement plat.

 

Je ne suis d’ordinaire pas bon public de ces films un peu à rallonges ... je préfère de loin les livres pour ce genre de thème, mais là, j’admets non seulement ne pas m’être ennuyée une seconde et avoir été conquise...!

Je vous laisse me dire ce que vous en avez pensé de votre côté !

 

12 Years a slave de Steve McQueen avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch - D’après les mémoires de Solomon Northup, kidnappé alors qu'il était un homme libre et soumis à l'esclavage pendant douze longues années.