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Librement inspiré des faits réels qui se sont déroulés entre la fin des années 70 et le début des années 80, le film met en scène le jeu pervers du chat et de la souris que se sont livrés Gaëtan Zampa, figure majeure du crime organisé et du trafic de drogue en France et Pierre Michel, juge nommé au grand banditisme à Marseille afin d'enrayer ce système mafieux à la tête de ce que l’on appelait alors la «French Connection».

Vous l’avez vu arriver, le titre tombe à point nommé...(!) pour désigner en réalité l’ensemble des protagonistes d’un des plus importants trafic d’héroïne mondial à ce moment là. Transitant par Marseille et allant se répandre jusque dans les bas fonds New-Yorkais, la drogue s’écoulait par le biais de cette association de malfaiteurs comptant notamment «Tany» Zampa comme tête de file. 

 

Collant parfaitement à cette réalité, le film prend tout de même rapidement quelques libertés. D’une part en rajoutant un enjeu scénaristique majeur en imaginant la rencontre entre le juge et le gangster, rencontre qui n’a jamais eu lieu en réalité. D’autre part en rentrant dans l’intime de chacune des deux familles des protagonistes, dans leurs vies, dans leurs têtes...

Mais pour autant, ces deux principales libertés contribuent à donner du corps (une assise intime et dramatique) au récit et étoffent ses héros.

 

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Jamais film sur la «French Connection» n’aura creusé à ce point l’implication du juge français et l’aura revendiqué autant comme homme exceptionnel que (super) héros. D’ordinaire, au cinéma, la «French» est une action qui tient lieu et place dans les rues de New-York... Ici, Cédric Jimenez, marseillais très au fait depuis son enfance de ce milieu mafieux, prend le parti de parler de Marseille, et de raconter cette ville dans ce qu’elle représente comme élément à part entière au sein du grand banditisme international.  

Mais pas seulement. Il raconte Marseille comme ville spectaculaire. Certains plans sont d’ailleurs à couper le souffle, y compris pour ceux qui connaissent bien la région...

 

Voilà ! En bref, je ne dirai presque que du bien de ce film, vous l’aurez compris !

Je me livre donc à un compte rendu un peu plus rationalisé avec des + et des - pour synthétiser tout ça ! ;-)

 

Les + (oui il y en a pas mal !) ;-):

  • Le genre (film de gangster) n’était pas pour me déplaire ! 
  • L’approche (plutôt populaire) était le bon angle pour conquérir un large publique. 
  • La mise en scène (rétro, rythmée et efficace) est parfaite pour redynamiser une histoire vieille d’une quarantaine d’années et méconnue des plus jeunes (l’assassinat du juge Michel s’entend... puisque la French Connection, à priori, personne n’a pu l’ignorer...). Et surtout la lumière, celle avant tout du sud, éclatante et délicate, qui sublime tout, atténuée par une photo légèrement vieillie, un peu "à l'ancienne", mais juste parfaite !
  • L’intrigue (modifiée mais précise) réussie à rendre hommage autant aux faits historiques qu’à une (autre) histoire à part entière.
  • Les décors (Marseille en l'occurrence) sont parfaitement maîtrisés et nourrissent le film de son sens profond.
  • La musique est omniprésente à tel point qu’elle en devient nécessaire. Certains ont dit que Marseille tenait le rang d’un personnage à part entière... moi, j’ai envie de dire que le rôle secondaire majeur revient à la Bande son.
  • Les personnages sont de mon point de vue, tous principaux... comme une toute grande famille qui respire, qui vit, qui meurt au rythme de chacun.

 

Les quelques - :

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    Le film n’échappe pas à quelques clichés, évidemment. Mais avec un tel sujet, difficile de faire autrement je crois... et évidemment, les références aux films des années 70 sont nombreuses... mais l’hommage bien qu’évident reste élégant et plutôt réussi.
  • Beaucoup ont parlé de la sublime performance de Céline Sallette, qui est en effet éblouissante, comme toujours. Pour ma part, c’est Gilles Lellouche que j’ai trouvé également saisissant et brillant dans son double rôle de gangster napolitain sans pitié et mari et père de famille entier. Bien plus que Jean Dujardin en juge de province acharné qui, de mon point de vue, surjoue beaucoup quitte à en devenir à certains moments un peu moins convainquant tant dans ses failles que dans son humanité...

 

En bref, malgré tout un plutôt bon film qui réserve de jolies surprises et qui s’emploie à mettre en valeur une belle équipe d’acteurs.

Un «petit» film français à 21 millions d’euros qui saura trouver son public quoiqu’il arrive car, par la force des choses, réalisateur et producteurs s’en sont donné les moyens... réjouissons-nous donc s’il remplie les salles face à des super-productions américaines qui s’acharnent à faire beaucoup moins bien pour nettement plus cher... ! 

Chauvinisme quand tu nous tiens... ;-)

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