C’est un peu à pas de loup et sur la pointe des pattes que je reviens par ici, en espérant fortement que je saurai y retrouver quelques lecteurs et en me confondant en excuses pour ma dernière désertion... 

Certes, nul besoin de se justifier de ce que l’on fait chez soi, mais tout de même, lorsque l’on possède un gentil lectorat, on ne l’abandonne pas comme ça ! Il y a des choses qui ne se font pas ! J’en suis confuse.

Sans vouloir m’étendre sur ma petite vie en dehors du blog, je vous dirai simplement que de récentes évolutions professionnelles ont un peu bouleversées mon quotidien déjà bien occupé ! Mais normalement, je devrais avoir maintenant bien plus de temps pour écrire ! Et ça, je dois dire, ça ne peut que me réjouir :-)

Parenthèse refermée. 

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Je reviens donc ici avec la chronique du Saint Laurent de Bonello, qui oui, semble un peu daté, et qui n’apporte pas grand intérêt j’en conviens sur la scène de la critique cinématographique... mais dont je voulais tout de même vous livrer mes impressions (je vous avais un peu rabattu les oreilles avec l’attente de ce film sur le blog !)

 

J’ai eu l’occasion de le voir il y a donc pas mal de temps déjà et je n’ai pas noté tout de suite mes impressions, ce qui, j’en suis certaine, fausse un tout petit peu la donne, car depuis j’ai eu l’occasion de lire beaucoup de critiques, d’avis, d’amour et de désamours à propos de ce film...

Je vais donc essayer de rationnaliser ma pensée !

 

Tout d’abord, initialement, pourquoi tant d’attente autour de ce film?

  • D’abord parce que déjà lors de la sortie du YSL de Jalil Lespert on nous annonçait un projet concurrent dans les tiroirs (voire déjà sur les bobines !) de Bertrand Bonello, ce qui avait tout de même suscité une certaine curiosité (de ma part tout du moins !): comment ça, deux films sur le même thème, mais pourquoi ???
  • Ensuite parce que le travail de réalisation de Bonello est souvent intéressant, tout du moins significatif d’un univers cinématographique propre et audacieux, qui m’interpèle souvent. (oui je sais, il y a les pour et les contre de l’Apollonide notamment, mais je reste pour...!)
  • Surtout parce que cet autre «biopic» (qui n’en est pas un) devenait rapidement non-officiel et non-autorisé par «l’abominable-homme-des-neiges», j’ai cité Pierre Bergé. Et là, en ce qui me concerne, le film devenait fort intéressant... car ce qui est interdit (nous n’iront pas jusque là évidemment... mais la non-reconnaissance d’un projet cinématographique biographique a souvent un arrière-goût de polémique et on aime ça, non ?!) est souvent fort tentant pour les enfants intrépides et férus de cinéma que nous sommes ! ;-)
  • Enfin, parce que d’entrée de jeu le panel d’acteurs qui étaient annoncés semblaient un peu moins conventionnels que chez Lespert: Gaspard Uliel en Saint Laurent face à Jérémie Renier en Pierre Bergé accompagné de Léa Seydoux (Loulou de la Falaise) ou encore de Louis Garel pour incarner Jacques de Bascher.

 

En quoi les promesses de ces deux films étaient-elles différentes ?

  • D’une part l’un se voulait un biopic (Lespert) et l’autre pas du tout (plutôt une relecture d’une dizaine d’années de décadence et de créations charnières dans la carrière du couturier)
  • Le premier voulait mettre en exergue la relation Saint Laurent/Bergé et le second s’axait beaucoup plus autour de la dualité (voire complexité) du personnage Saint Laurent...
  • Le premier se voulait lisse et sage; le second... beaucoup moins !

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Et finalement, mon avis ?

Je ne ferai pas durer le suspens plus longtemps, ma préférence va au film de Bonello ! Sans surprise! Au risque oui, je le sais bien, de me conformer à la critique bien pensante du cinéma français... j’en suis désolée ! Je sais bien que la plupart des blogueurs (que j’adule ! hahaha) ne sont pas de cet avis, mais voilà... 

Si j’avais su, en son temps, louer le travail esthétique de Lespert tout en reconnaissant que la structure du scénario (et le parti pris de flatter l’égo de Pierre Bergé) battait un peu de l’aile, je ne saurai que reconnaître aujourd’hui, l’ampleur du travail de réalisation de Bonello. 

Il nous livre un film sensuel, abouti, puissant et élégant, auréolé de ce qu’il faut de mélancolie et de poésie pour devenir envoûtant.

Un peu trop de tout ça diront certains, quitte à frôler le surplus et l’ennui... certainement, je peux le concevoir, mais pour ma part, ce trop plein d’esthétisme m’a touchée et m’a plu.

La prestation de Gaspard Ulliel est quant à elle renversante nous livrant à la fois un jeu sobre et sombre, afin d’incarner un personnage sensible et torturé...

Le tout souligné par une bande son parfaitement à la hauteur.

En un mot: Fascinant !

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