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Distraitement, j’avais regardé la bande annonce d’un oeil tout à fait désintéressé et m’étais même targuée d’un «oh non, pas encore un film sur l’occupation...» c’est dire si ça m’inspirait...

Mais quand même, j’avais jeté au casting un oeil légèrement pétillant parce que le trio Michelle Williams/Kristin Scott Thomas/Matthias Shoenaerts... comment vous dire ...? J’étais quand même curieuse de voir...

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Bon, alors, on ne va pas faire durer le suspens plus longtemps, et nous allons de ce pas renvoyer les tambours et leurs roulements... ça ne casse pas trois pattes à une pintade cette affaire-là, soyons prévenus !

N’importe quel téléfilm aurait épuisé le sujet mieux que cela... (voire l’a même déjà fait...) à la différence près qu’il y a ici de gros moyens, et que donc, visuellement, sans être fantastique, ce n’est quand même pas dégueulasse (en fait, visuellement, c’est clairement maîtrisé, parce que ça a été tourné en 35 mm avec un budget de 15 millions de dollars...), et que surtout, le casting rehausse un peu le propos.

Je dévoile l’histoire sans vergogne, la demoiselle française qui attend son n’amoureux parti au front tombe amoureuse de l’officier allemand bien fait de sa personne et terriblement sensible qui loge chez elle. Voilà. Et à peu de choses près, ça fini bien. Voilà. Comme je vous le disais, ce n’est pas la révélation de l’année...

A ceci près que dans le rôle de la méchante belle-mère a été castée la sublime Kritin Scott Thomas dont le jeu et la diction sont à faire se damner n’importe quel partisan de l’inutilité des acteurs... cette femme est impressionnante de réalisme. Ce n’est que mon avis cela dit. Mais voilà.

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Et puis, si j’étais contente de revoir Michelle Williams, que je ne déteste vraiment pas, sur grand écran, mais qui garde durant tout le film un air tout à fait ingénu qui manque désespérément de réalisme, j’ai en revanche bien failli avaler mon chapeau d’avoir préalablement dit que Matthias Shoanaerts ne présentait pas grand intérêt... non mais qu’avais-je dans les yeux ce jour-là ? Ou alors aurait-il muté depuis la dernière fois ?! Non mais parce que là, en officier allemand avec son allemand parfait (en même temps, il est, si je ne m’abuse, parfaitement trilingue français/allemand/anglais...) j’ai bien cru défaillir ...! (oui je sais, ce n’est pas banal de défaillir en écoutant parler allemand... chacun ses travers hein... mais n’oubliez pas que l’allemand, ce n’est pas seulement un beuglement historiquement reconnu pour cause de guerre mondiale, c’est aussi, et avant tout, la langue originelle de la philosophie... je dis ça, je ne dis rien...)

Bref, en plus du reste, Matthias était quand même carrément sexy-chocolat dans son uniforme... Cela dit, heureusement... parce que c’était clairement le divertissement principal.

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Enfin voilà... je fais la maligne... et j’ai fait la maligne comme ça pendant toute la séance, mais quand est venu le générique et que ma grande ignorance (et ma grande futilité consistant à ne focaliser que sur les acteurs bien faits de leur personne...) en a pris un sérieux coup derrière les oreilles, je faisais moins la maligne... c’est à dire qu’en découvrant que l’histoire était issue d’un roman écrit pendant la guerre par une auteure juive qui n’avait pas survécue aux camps de concentration, je dois admettre que j’ai ravalé mon cynisme. 

Car certes, le film a des défauts, et j’ai lu de-ci, de-là que l’adaptation de l’histoire originale était un peu grossière, mais le contexte et le sens que prend ce manuscrit découvert très tardivement est bouleversant. Cela souligne le fait que la possibilité d’écrire, de s’inventer un univers et une histoire est sans bornes... même la guerre, même la menace de la mort ne dépasse pas la force de l’imagination. A bien des égards, cela est fascinant. Le roman, publié en 2004 avait d’ailleurs reçu le prix Renaudot.

Le générique de fin défile d'ailleurs sur le manuscrit original de Irène Némirovsky... et sincèrement, à ce moment là, j’ai vraiment posé un autre regard sur cette histoire, et sur le film, qui, malgré tout, lui rend un bel hommage... surtout pour les dispersés comme moi qui sont passés à côté de ce livre que je vais m’empresser de ce pas de découvrir...