Je vous le disais récemment, ces quelques jours de vacances m’ont permis de plonger mon nez dans quelques films et ainsi, je me suis enfin décidée à voir «De Rouille et d’Os»... (Vous commencez à savoir ce que je pense de ce que tout le monde plébiscite ?... Il me faut toujours un peu de temps avant de m’en approcher...!) 

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Bon il faut savoir quand même que «De rouille et d’os» c’est 10 récompenses sur 24 nominations entre 2012 et 2013... Ce sont des critiques dithyrambiques dans la presse. C’est aussi, de l’avis général, un panel d’acteurs et un réalisateur remarquables...

 

Des films de Jacques Audiard, j’ai vu «Sur mes lèvres» et c’est tout. Ni «Le prophète», ni «De battre mon coeur s’est arrêté»... (il faut que je remédie à ça d’ailleurs)

Mais pour tout vous dire, je ne suis pas une grande admiratrice... Du coup, «De rouille et d’os» ne me tentait pas tant que ça je crois.

 

Pour autant, le film se déroulant sur la côte d’Azur, tout près de pleins d’endroits que je connais très bien, j’avais cette douce curiosité de reconnaître des lieux, des atmosphères et des ambiances.

D’un autre côté, connaissant de loin les sujets pas très réjouissants dont le film traitait, je n’avais pas tellement envie de m’infliger ça... je suis du genre à ne pas bien aimer qu’on me rappelle à quel point la vie sait être cruelle... 

Mais si c’est fait, autant que ce soit bien fait.

 

Alors, même si j’admets volontiers que les acteurs s’en sortent excellemment bien, même si je comprends pourquoi la critique a été unanime - on sort de ce film vraiment bouleversé, et, encore des heures plus tard, le film continue de nous habiter - , même si la mise en scène est maîtrisée et certainement remarquable - où l’art de laisser des silences et de les combler par des images subtilement filmées...

Même si tout ça, je n’ai pas vraiment accroché... 

J’ai trouvé ça, d’un côté trop froid et trop maîtrisé (pour un film qui ne cesse de narrer les vilenies de la vie, ne serait-ce pas un peu trop beau et trop propre visuellement parlant ?), et d’un autre côté, d’une sensibilité et d’un optimisme désarmant... limite inconsistant. Bien sûr qu’à bien y regarder on a envie d’y croire, et bien sûr que le tout nous arracherait bien quelques larmes, mais en ce qui me concerne, je n’ai pas réussi à y croire. Tout est un peu trop... beau.

 

Initialement, le film tente en fait l’adaptation d’un recueil de nouvelles de Craig Davidson («Un goût de rouille et d’os») où il est question de l’univers de la boxe et des combats clandestins, des combats de chiens, des univers violents et froids où les os se brisent, les membres saignent, les corps et les esprits sont amputés de se qui les animent...

Le personnage principal d’Ali n’existe pas en tant que tel dans ce recueil, mais d’une certaine façon c’est un peu la synthèse de plusieurs personnages de différentes nouvelles.

Le personnage de Stéphanie a été quand a lui ajouté au scénario de toute pièce, mais à eux deux, ils sont un peu la synthèse de tous les personnages de Davidson: une synthèse de "vies fêlées, amputées de blessures physiques et psychologiques..." 

Dans cette optique, si on s’en remet aux personnages de Davidson, leur issue semble devoir être plus tragique. Point de réveil inespéré, point de retour à la vie, assez peu de rédemption. La cruauté y est un peu plus noire et aussi un peu plus vraie...

 

De rouille et d’os de Jacques Audiard (2012) avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure, Céline Sallette: «Ça commence dans le Nord. Ali se retrouve avec son fils Sam, 5 ans, sur les bras. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions. Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.»