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A l'époque de sa sortie en salle, alors que j'allais beaucoup plus assidumment au cinéma que maintenant, et que, sans me vanter, je voyais à de rares exceptions près quasiment tout ce qui sortait, j'avais totalement boycotté ce film de Sofia Coppola, parce que je ne le sentais pas du tout. Rien ne m'attirait, rien du tout. C'est rare que je me dise ça à propos d'un film. 

Dernièrement, à la faveur d'une soirée libre et d'une envie de finalement compléter cette lacune dans ma connaissance de la filmographie de la réalisatrice (je suis une fille un peu compulsive... j'aime bien rayer des choses sur des listes et me dire, tiens, voilà, de ce réalisateur là, j'ai tout vu, je suis en mesure de comprendre son oeuvre... hum hum... on ne fera pas de commentaires ... !!) j'ai finalement vu ce Somewhere...

Verdict. Je ne le dirai jamais assez: faisons confiance à nos premières impressions !!

Je me suis terriblement ennuyée ! Pourtant, je partais confiante en me disant qu'une heure trente de film ça allait passer tout seul... et bien non !

Au delà de la longueur, de la langueur devrais-je dire de la mise en scène, l'ennui ici provient surtout de l'absence de ressenti. C'est fou, parce que je sais, pour avoir lu la critique, que beaucoup se sont senti touchés par les silences, les non-dits (dont Sofia Coppola est indubitablement passée maîtresse en la matière) qui laissent transparaître la vacuité fondamentale de l'être humain en perdition qu'elle tente de décrire. Je sais qu'il y a derrière tout cela une profonde mélancolie, une tristesse sourde et émouvante qui aurait du me transporter. Mais, sans savoir pourquoi, ça n'a pas fonctionné. En matière de visionnage de film, je me doute bien que c'est comme tout, il y a des jours avec et des jours sans, et probablement, j'étais dans un jour sans; un jour où rien n'aurait pu réussir à m'atteindre... allez savoir, c'est bien possible et bien dommage pour ce film, qui, dans ces conditions méritera d'être revu sous un jour meilleur !

Quoiqu'il en soit, je n'ai pas pu m'empêcher d'être sûrrement un tout petit peu agacée par la charge un minimum autobiographique qui y réside... et c'est probablement ce qui a faussé mon jugement. 

Parce qu'il est difficile d'oublier que ce film a tout de même reçu un Lion d'Or à Venise, et qu'indubitablement on aime la sublime Bande Originale (signée Phoenix) et la qualité de la photographie qui a elle seule suffit a posé les bases artistiques d'un bon film.

A revoir donc, histoire de revenir sur deux mauvais à prioris... Je n'ai rien contre le fait d'admettre que j'ai pu me tromper !