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Alors qu’il vient de louper son train pour Paris, Marc se retrouve coincé en province pour la nuit. Perdu dans un bar et à la recherche d’un hôtel, il croise Sylvie avec laquelle il erre jusqu’au matin, entre séduction et discussions banales. Au départ du train de Marc, mués par une passion indéfinissable, ils se donnent rendez-vous à Paris, la semaine suivante, au jardin des Tuileries. De manière aussi improbable qu’ils ont réussi leur rencontre, ils manqueront leur rendez-vous. Ne sachant rien l’un de l’autre, ils retourneront à leurs vies. Mais Marc continuera de chercher Sylvie. En vain. Mais dans cette quête il trouvera Sophie. Sans savoir que celle-ci est la soeur de Sylvie.

Comme toujours avec Benoît Jacquot, le scénario de «3 coeurs» était à lui seul une promesse immense, le casting était spectaculaire (Poelvoorde/Gainsbourg/Mastroianni), et les critiques positives.

Néanmoins, je ne l’avais pas vu lors de sa sortie au cinéma, et, même si j’entretenais une évidente curiosité à l’égard de ce film, je ne regrettais pas énormément cette lacune, car déjà, lors de sa sortie en salle, mon a-priori était mitigé.

La faute à mon passif avec Jacquot certainement... (dont je n’ai vu, je dois bien l’avouer, que très peu de films en comparaison de tout ce qu’il a réalisé...) 

Je m’explique.

 

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A la fois les acteurs avec lesquels il a pu travailler dans ses films précédents m’inspirent toujours beaucoup : Virginie LeDoyen que je trouve toujours surprenante; Fabrice Luchini pour lequel j’irai voir n’importe quel film juste pour le plaisir de sa diction...; Diane Kruger qui est non seulement sublime, mais brillante; Adjani, Hupert, Deneuve... Il s’entoure inconditionnellement d’acteurs incroyables...; Léa Seydoux, qu’il aurait presque réussi à me faire apprécier...; Et ici, dans ce «3 coeurs» Mastroianni, sublime d’humanité, et Poelvoorde, dont la sensibilité n’est même plus à mentionner...

Bref, toujours, j’ai été subjuguée par les castings de ses films, et pourtant... Ses scénarios me laissent dubitative... et bien souvent, ne me donnent pas, finalement ce que j’attendais... 

Les adieux à la Reine en sont l’exemple type... j’aurai voulu plus. Plus de passion, de désirs, de vie... Ou alors peut-être moins... de chaos, de détours, de drame... Ou bien plus d’équilibre ? Je ne sais jamais trop ce que j’attends exactement avec Jacquot... Et c’est un peu tout le problème, il me déstabilise et n’est jamais là où je l’attendais.

 

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C’est exactement ce que je reproche à ce «3 coeurs», qu’à bien des égards je trouve brillant, et pourtant, je ne voulais pas, notamment, de cette fin. A la fois trop douce, trop écrite, trop silencieuse... je voulais quelque chose de plus dramatique, plus violent, un cri plutôt qu’un soupir ... vous voyez ? En tout cas quelque chose de plus abouti...

Et je l’ai également trouvé un peu long, un peu lent...

Et pourtant, je veux bien admettre que c’est de ce que je trouve défectueux qu’il ressort cet élan dramatique et bouleversant. Qu’il aurait été difficile de parler de ce drame amoureux improbable sans cette latence, ces non-dits et l’ensemble de tous ces actes manqués qui rendent le film parfois, un peu pénible.

Les acteurs pourtant sont sublimes. Charlotte Gainsbourg et Chiara Mastroianni sont brillantes de faiblesses et d’amour, à la fois intenses et légères... et Benoît Poelvoorde est (sauf sur la fin) bouleversant dans ce rôle torturé et romantique.

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Un avis en demi-teinte pour ce film donc (ni pour, ni contre, bien au contraire*...)... Avec le sentiment de n’avoir pas saisi l’essentiel ou alors de n’avoir pas compris ce que j’ai perçu... 

C’est paradoxalement ce qui fait que je retournerai encore voir Jacquot... cette interpellation d’un sentiment, d’un non dit, qui, même s’il me semble incompris ou insuffisant, m’insuffle le besoin de recommencer...

Jacquot pour moi est complexe... indéniablement. Mais je ne renonce pas à y voir plus clair un jour ! Et je reste une spectatrice assidue, au moins pour le plaisir du jeu des acteurs qu’il dirige, de manière, incontestablement brillante. 

 
* hum, non, ça c'est Klapish ! - Mais ils se connaissent, Jacquot avait le rôle du père de Duris je crois dans Casse-tête Chinois.... c'est fou quand même le cinéma, vous ne trouvez pas ??!!...