J’ai tardé, hésité, programmé, déprogrammé, manqué, puis finalement, j’ai fini par voir The Voices, le dernier film de Marjane Satrapi.

450206

J’étais à la fois très curieuse de le voir, et tout à fait réticente. Ma réticence, au tout début, tenait au fait, je dois bien l’avouer, que les meurtres sanglants, très peu pour moi... Finalement, toutes les critiques s’accordaient pour dire que le côté décalé l’emportait, et que finalement, l’idée du meurtre n’était pas si terrifiante.

Bien.

Les animaux qui parlent, en revanche, je trouvais ça drôle comme idée ! D’autant que d’emblée, il n’était pas fait secret que tout se passait dans la tête dérangée du personnage principal. Donc ça devenait intéressant.

Enfin, la bande annonce promettait une mise en scène maîtrisée et des choix esthétiques plutôt remarquables.

Et, puis, cela promettait d’être drôle.

En réalité, autant vous le dire tout de suite, j’ai assez peu ri. Pourtant, la salle était plutôt réceptive. Seules, deux ou trois remarques des animaux m’ont fait sourire... mais franchement, c’est à peu près tout.

Pour le reste... J’ai été un peu déçue.

262623

Premièrement parce que le constat que je n’ai pas pu m’empêcher de faire à l’issu de la séance était qu’il ne se passait rien dans ce film. Alors oui, il y a bien des meurtres, il y a bien une succession de scènes qui font avancer le propos, mais rien qui génère une intrigue haletante. Tout cela est bien plat. 

Même la fin, qui pourrait représenter un enjeu particulier, n’a aucun intérêt dramatique. 

Et pour tout vous dire (et même si c’est quelque part un parti pris du film) les personnages n’ont pas vraiment d’intérêt individuel. (avec une mention spéciale pour le total non-intêret de la psy... on voit d’ailleurs le résultat au passage...^^)

Bref, c’était l’ennui.

428934

Visuellement, qu’ai-je retenu néanmoins ?

C’est vif et acidulé comme un bonbon coloré... mais malheureusement en arrière goût, le trop l’emporte et ça devient vite écoeurant... on aurait mangé toute la boite d’un seul coup que l’on ne se sentirait pas plus mal... ou peut-être cela est-ce du au contraste visuel sordide lorsque le spectateur n'est plus sous l'emprise de la vision schizophrène du personnage... en tout cas, à un moment donné, pour moi, c'est devenu trop... ou trop peu.

Le problème, c’est que le film n’a d’intérêt que la première demie-heure... ensuite, il manque de rythme et de sens. Pourtant, d’emblée, tout semble passionnant: le style est déroutant, l’esthétisme est remarquable, le ton est piquant... et puis ça s’enlise. Je ne sais pas trop pourquoi... Le manque d’empathie à l’égard de Jerry ? Peut-être... 

Pourtant, la performance de Ryan Reynolds est franchement surprenante ! Il me faut l'admettre... on ne l'attendait pas forcément dans ce rôle, et ma foi, il ne dénote pas.

Le reste du casting est même plutôt pas mal... j’ai adoré retrouver Ana Kendrick qui amène une adorable dose de fraicheur... et la présence de Gemma Arterton est plus que déroutante (mais agréable!) après son rôle dans Gemma Bovery !

100790

Alors Verdict ?

Même si sur le papier le film aurait pu me plaire, pour justement cet univers décalé que j’affectionne souvent, si j’avais même très envie qu’il me plaise (parce que le sujet traité n'est pas banal au cinéma), je n’ai pas accroché...

Pour le coup (et c’est assez rare que je dise cela...) il gagnera peut-être à être revu au fond de mon canapé, pour en saisir enfin toutes les subtilités... puisque désormais, je sais qu’il ne fait pas frissonner...! ;-)