les neiges du kilimanjaroDifficile de parler de ce film de Guédiguian, sans avoir envie de se sentir concerné, sans avoir envie de parler société. Et un peu politique aussi.

 

Mais comme j’aimerai mieux éviter, je me surprends à vouloir parler de Hugo... et de Jaurès !

 

 

Et inexorablement, je retombe dans l’écueil à travers lequel je voulais passer...

 

 

Pourtant, Guédiguian lui, y arrive. Car il nous livre un film bien évidemment ancré dans un cinéma indéniablement «politique et social» (Cf. Studio CinéLive) mais il le fait avec une honnêteté et un réalisme forcément juste. Ni trop, ni trop peu. Il raconte juste cette vie marseillaise qu’il affectionne tant, avec ce qu’il faut d’idéalisme, d’amour et d’honnêteté pour nous laisser espérer.

Il a le talent de gommer une possible forme de naïveté derrière beaucoup d'espérance. 

 

Il n’y a pas de contraintes dans son propos. Il nous laisse juge de nos possibles actes, en nous amenant seulement à observer ceux des autres. 

 

Et s’il subsiste quelques utopies, j’ai aimé penser qu’elles étaient tellement belles, tellement nobles, et sûrement tellement humaines...

 

Si la littérature dont il s’est inspiré (Poème Les Pauvres Gens de Victor Hugo) ne suffit pas à nous convaincre que son propos et fondé et proche de la réalité, il nous offre la possibilité de regarder d’un peu plus près la vie. Elle est souvent ainsi, cruelle, injuste, incertaine, mais propice à l’amour, l’indulgence et l’espérance.

 

Je me rends compte à quel point je présente un propos bien idéaliste, mais j’ai été touché inévitablement, car, j’en suis certaine, les personnages de Guédiguian existent, et c’est ce qui rend son propos d’autant plus beau...

 

 

 

Les Neiges du Kilimanjaro, de Robert Guédiguian, avec Jean-Pierre Daroussin, Ariane Ascaride, Grégoire Leprince-Ringuet, Gérard Meylan, Marilyne Canto, Anaïs Demoustier, Adrien Jolivet, Robinson Stévenin...