J’ai finalement eu l’occasion de voir L’écume des jours de Michel Gondry, film que j’avais loupé au cinéma et que j’avais pourtant très envie de voir.

 

Pourquoi cette envie ?!

Et bien, simplement parce que l’univers cinématographique emprunt de poésie de ce réalisateur me fascine assez je dois dire !

Il me reste encore beaucoup de films à découvrir c’est certain, mais, sans conteste, ceux que je connais m’ont vraiment réjouis.

La petite merveille qu’est Eternal Sunshine of the Spotless Mind avait déjà suffit à elle seule à me convaincre de son immense talent ! 

Par ailleurs, The Green Hornet est lui aussi un petit coup de coeur ! Parvenir à conserver tout l’univers poétique un brin (!!) déluré au sein d’un blockbuster pareil, ce n’était pas gagné mais le pari est réussi ! Je ne saurez que vous le conseiller !!

Michel Gondry, c’est aussi le maître de «Soyez sympas, rembobinez» avec l’incroyable Jack Black que j’adore !! ;-)

Bref, je voulais vraiment voir ce dernier film, d’autant qu’il était porté par des acteurs français, et d’autant plus que j’ai un léger faible pour Romain Duris ! (voilà, c’est dit !!... et vous savez ce qu’on dit... faute avouée...bref !)

 

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Je sais, pour avoir lu la critique et eu beaucoup d’échos sur ce film qu’il n’a pas été toujours très apprécié, mais pour ma part, je ne peux qu’admettre que je l’ai vraiment adoré. J’ai été fascinée encore une fois par la portée poétique qui s’en dégage, pas l’ampleur de la réalisation, par la maîtrise absolue de la mise en scène, chaque détail... c’est fascinant !

 

Je peux facilement comprendre que pour beaucoup, cette nécessaire volonté de contrôler intégralement la mise en scène soit déstabilisante. Je sais que l’on peut avoir la sensation d’une distance émotionnelle importante face à cette incroyable minutie du détail, mais de mon point de vue, c’est saisissant. Imaginer tout le travail de réalisation que cela représente est juste fou !!

 

Michel Gondry adapte ici le roman de Boris Vian, dont la substance principale est l’absurde (auquel se prête parfaitement son univers): dans un univers onirique et étrange, on est invité à suivre un personnage banal et indéfini: Colin, riche de manière à ne pas avoir à travailler qui souhaite trouver l’amour et se marier. Il rencontre et épouse la douce et belle Chloé, qui, en très peu de temps tombe malade d’un nénuphar qui lui pousse dans le poumon droit. Colin use tout son argent à tenter de la guérir car pour cela il doit lui offrir des fleurs... Mais Chloé tombe malade du poumon gauche. Colin se met à travailler, mais son humeur décline, comme la santé de Chloé, et comme la maison qui abrite leur amour. Elle se déforme, rapetisse, s’assombrit... Elle devient l’allégorie de l’état de Colin et Chloé.

 

Si le roman de Boris Vian est très «imagé» Michel Gondry a su lui fabriquer une «mise en image» efficace. Il parvient parfaitement à rendre à la fois l’absurde et la banalité réelle des situations et des personnages. Evidemment, tout le travail de mise en scène est focalisé sur le décor, mais c’est aussi la substance du roman. La distance émotionnelle du film provient d’abord de la distance aux personnages qui se veulent être banals: l’empathie de joue donc pas. Elle n’a pas à jouer d’ailleurs, ce n’est pas le sujet selon moi.

 

Autant en tant qu’adaptation du roman que par cette mise en scène parfaitement maîtrisée, ce film est pour moi parfaitement réussi, et, contre toute attente, incroyablement touchant de tristesse et de mélancolie.

Loin de noyer la poésie initiale du sujet, le travail de Gondry, certes saturé de détails techniques tendant à gommer (parfois légèrement trop) le propos et les personnages, déploie une sensibilité remarquable qui ne peut pas laisser indifférent.

 

A revoir ! (afin d’en saisir encore et encore chaque détail...)

 

L'écume des jours, Film de Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy...