Attendu avec beaucoup d’impatience, je me réjouissais vraiment de voir le dernier film de Jérome Bonnell bien que je n’ai pas plus prêter attention que cela à ces films précédents.

Cela dit, la bande annonce était très prometteuse, le sujet, bien que souvent traité au cinéma me semblait abordé subtilement, le ton semblait léger et le casting était pimpant ! Anaïs Demoustier et Felix Moati étant deux valeurs sûre du jeune cinéma français actuel ! Il est vrai que Sophie Verbeeck était, pour moi, inconnue au bataillon, mais un peu de nouveauté n’était pas pour me déplaire !

Me voilà donc partie, le coeur en joie (comme toujours quand je vais au cinéma... et comme j’y vais tout le temps, voyez un peu... je ne suis que volupté ^^) vers cette séance sur grand écran qui avait tout pour me combler !

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Non pas que les histoires d’amour aient ma préférence, vous le savez bien, mais l’approche de la complexité des relations humaines, en revanche, me plaît toujours !

Et là, pour le coup, j’ai été comblé. Car Jérôme Bonnell choisit d’avoir un point de vue très tendre sur ses personnages, sans jamais être ni dans le jugement ni dans l’introspection.

On est spectateur de cette histoire à priori tout à fait incongrue, que finalement, on trouve d’une logique implacable. Car oui, les choses peuvent se passer comme ça... sans être vraiment contrôlées, sans être vraiment pensées ni analysées, mais simplement vécues, avec passion et envie. 

C’est évidemment assez bouleversant, et pourtant le film sait rester tout à fait léger, drôle même à de nombreux moments... Délicat quoiqu’il en soit.

Jamais on ne cherche à analyser le pourquoi du comment de cette relation triangulaire entre Mélodie, Charlotte et Micha. C’est ainsi. Il y a des sentiments, des envies, et cela leurs suffit (et nous aussi).

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Bien sûr, le sujet a déjà été épuisé maintes fois au cinéma, on ne va pas se mentir, bien sûr, l’approche est parfois un peu facile et les procédés mille fois écrits, mais... Jérôme Bonnell parvient, je trouve, à insuffler un souffle nouveau dans cette histoire. Il utilise une trame légèrement hors sentiers pour cela: le contexte déjà, n’est pas celui dont on a l’habitude... L’histoire se déroule à Lille et le choix est judicieux, car ce n’est pas Paris, ce n’est pas non plus la province bourgeoise et coincée, c’est une grande ville où les trentenaires actifs ont toute leur place, et cette approche est rafraîchissante ! Les personnages sont eux aussi agréablement vivants: ils travaillent, galèrent, prennent des risques, font des projets... c’est très réel, très actif, et très installé dans le temps, ce qui créer un rythme et une atmosphère à la fois très palpable et rassurant... Et quelque part, le temps n’a pas de poids... C’est peut-être pour cela qu’il est aussi facile de se faire happer par cette histoire, qu’en d’autres circonstances, peut-être, on aurait pu juger... Ici, c’est un peu comme si la Vie pardonnait tout.

Et puis, surtout, Charlotte, Mélodie et Micha sont portés par cette spontanéité et parfois cette maladresse tellement humaine, que c’est presque enveloppant de beauté. Il n’y a pas d’emphase dans le propos finalement, juste cette volonté de coller à l’humain.

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Mon seul regret est évidemment la fin (comme souvent...). D’entrée de jeu j’avais imaginé une fin (pas supra légère en réalité !) qui n’est pas celle-là, ce qui m’a un peu frustrée ! La fin aurait méritée, pour moi, de laisser beaucoup plus exploser le caractère (et donc les failles, nombreuses c’est certain) des personnages... vers quelque chose de plus «tragique» presque... moins en demie-teinte... Cela aurait contribué à développer une puissance narrative peut-être plus surprenante, ce qui, de mon point de vue, aurait donné plus d’ampleur à l’ensemble.

Cela dit, c’est bien le seul reproche que je ferai au film, car, si il est, c’est vrai, marqué légèrement par un manque d’intensité, il n’en est pas moins porté par un trio d’acteurs remarquables qui vient tout compenser !

Anaïs Demoustier me séduit encore et encore dans ce rôle ! Découvrir un peu plus Félix Moati est un plaisir, et faire la connaissance de Sophie Verbeeck est une jolie surprise ! Son rôle est évidemment celui des trois le mois léger d’emblée, plus ancré dans une certaine mélancolie, peut-être un peu plus torturé, et certainement le moins approprié pour la remarquer positivement face à la légèreté désarmante de ses deux acolytes, mais sa beauté froide et sa justesse m’ont plutôt touchés dois-je dire, et je suis impatiente de la revoir ailleurs.

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Un petit coup de coeur délicat pour moi en ce qui concerne ce film donc ! A voir en gardant en tête cette jolie délicatesse inspirée par l’amour et l’envie ;-)