Il y a des films, comme cela, que l’on ne prémédite pas d’aller voir. Cake en fait partie. Je n’avais pas vu la bande annonce, je n’avais pas eu connaissance de sa sortie, et je ne me réjouissais pas plus que cela de (re)voir Jennifer Aniston sur grand écran, quand la plupart criaient à son retour dans un des rôles les plus intéressants de sa carrière (on avait même murmuré «Oscar» pour cette performance...) 

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Mais, voilà, à l’heure où j’allais au cinéma, ce film était diffusé (j’ai vu de la lumière alors je suis rentrée !) donc j’y suis allée. Ca ne tient parfois qu’à cela une séance de cinéma avec moi...

Et le plus drôle dans cette histoire, c’est que je me suis retrouvée toute seule dans la salle ! J’ai beau avoir horreur de ça, je suis quand même restée... en me disant que si le film était moyen, et cette grande salle vide trop oppressante, je m’en irai.

Et force a été de constater que je me suis laissée happer par l’histoire, le rythme et les acteurs et que je n’ai plus pensé une seule seconde à partir.

Même si, l’histoire est attendue, le scénario est un peu malin car il parvient à tenir le spectateur en haleine en ne lui dispersant que de petits bouts de compréhension au fil du film... Alors certes, on comprend très vite que Claire a été victime d’un très violent accident qui a ravagé sa vie familiale et l’a rendu complètement dévasté d’une colère qui la coupe du monde qui l’entoure: de son mari à son groupe de soutien, tout le monde prend ses distances avec elle. Ne lui reste plus que son aide à domicile et ses antalgiques qu’elle noie dans l’alcool pour avancer... Bien sûr, que le suicide d’une autre participante du groupe de parole soit l’élément déclencheur d’une forme de retour à la vie est d’une banalité sans fond, exploitée mille fois au cinéma, mais, lorsque l’on fait fi de ses facilités, il n’en reste pas moins un film intéressant d’un autre point de vue.

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D’une part, la réalisation est assez juste. Temporalisée, maîtrisée, toute en nuances et en lumières tamisées, les jeux de couleurs froides face aux ambiances réchauffées par une lumière d’été quasi apaisante sont bien vus et créaient une ambiance plutôt bien exploitée qui confère à l’intime et à l’approche de la compréhension du personnage complexe qu’est Claire.

Jennifer Aniston quant à elle est plutôt impressionnante. Camper un personnage en souffrance physique n’est pas simple, et certes, son rôle exige un peu trop de râles, de soupirs et de rictus tordus, pour, à bien des égards, être perpétuellement crédible, mais elle insuffle à son personnage une aura et une délicatesse plutôt remarquable. Nimbée ainsi d’humanité, Claire devient plus cohérente que ne le laisse présager le scénario, qui à priori tente d’aborder plusieurs thèmes sans que l’on sache d’emblée à quels moments ils vont se croiser. Même si on a du mal à croire au lien qui se créer entre Claire et Roy (le scénario frôle la simplicité au moment de leur rencontre...) on ne cherche finalement pas à tout comprendre... Certains moments sont certes, un peu maladroits mais la performance est tout de même belle.

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Les maladresses du film (un peu lent et à l’écriture un peu attendue) qui en font un ensemble pas extrêmement surprenant, sont gommées par les personnages, leur cynisme et les caractères qui sont les leurs.

Si Jennifer Aniston campe une femme cynique dévorée par la colère, Adriana Barraza est touchante dans le rôle de Silvana, dont la tâche consiste à veiller sur les (nombreux) manquements de sa patronne. Leur attachement mutuel tout en retenu et en pudeur en fait un duo plutôt touchant.

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Sans être un énorme coup de coeur, ce film a tout de même su retenir mon attention et me faire passer un bon moment de cinéma avec un sujet pas des plus facile ni joyeux... Ce n’est donc déjà pas si mal !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous retrouvé avec plaisir Jennifer Aniston hors des sentiers battus qui sont d’ordinaire les siens ?