C’est, comment dire, du bonheur lyophilisé !! Comprenez par là, du concentré pur de rire, de pleurs, d’envie de vivre quoiqu’il arrive... c’est un panel de sentiments que l’on oublie trop souvent dans la vie.

Intouchables

 Je vous ai déjà dit pourquoi j’aime le cinéma ??!

 

Et bien c’est aussi pour ça !

 

1h52 de douces larmes salées qui font se sentir vivant et heureux.

 

1h52 qui arrête le temps. Impossible de regarder l’heure dans un film comme celui-là. Parce qu’on n'est pas au cinéma, on est avec Philippe et Driss. Dans le quotidien de leurs fous-rires, de leurs bêtises, de leurs douleurs, de leurs enfantillages parfois, de leur complicité quoiqu’il en soit.

 

Eric Toledano et Olivier Nakache ne nous ont pas déçu... Ils nous ont séduit par tant de finesse et d’humanité. Ils y ont ajouté juste ce qu’il faut d’impertinence. Et beaucoup d’élégance. Il se sont aidés du casting pour cela...

Omar Sy est remarquable de justesse. 

François Cluzet nous rappelle ce qu’est un grand acteur: une performance remarquable si on considère le panel de sentiments par lequel il passe avec seulement son visage comme ressource... 

 

La force première du film, après ses acteurs, c’est son équilibre entre la comédie et la tragédie. 70-30 dans le scénario. 50-50 à l’écran.

 

La seconde, c’est la musique*. Certainement parce qu'initialement c’est une grande part du scénario, mais aussi parce qu’elle est traitée de manière subtile dès la première seconde du film.

On y revoit nos classiques et de grandes références qui le sont un peu moins. On y perçoit les mots qui ne sont pas dit et la pudeur de certains instants impossibles à rendre à l’écran.

 

L’équation est gagnante dans tous les cas: une réalisation épatante, des acteurs parfaits de justesse et une bande son subtile.

Résultat: un film surprenant.

 

Certains critiquent l’engouement et se sentent obligés de nous rappeler que la seule capacité de Toledano et Nakache est celle de nous avoir proposé un film pré-mâché, caricatural, où tout nous pousse à aimer, sans prise de recul ni réflexion.

 

Je me sens obligée de rappeler que la volonté des réalisateurs et celle de Philippe Pozzo di Borgo (l’homme ayant inspiré ce film) était avant tout de nous faire rire, sans détours.

Etant donné le sujet, le pari était improbable, mais il est réussi. Peut-être il avait-il d’autres manières, mais on applaudit celle-ci, avant tout parce que devant la possible cruauté de la vie, il serait inapproprié de refuser de rire.

Laissons aux grincheux ce privilège...

 

 

* Compositeur: Ludovico Einaudi