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A priori Rencontres à Elizabethtown est une histoire de deuil, puis, très vite, une histoire d’amour. Mais pas seulement...

C’est une histoire de rencontres. La rencontre d’un homme avec sa vie: la découverte de son père, de sa famille, de ses origines, et, la découverte de ce qu’il est réellement, loin de ses ambitions professionnelles. Ce qu’il est aussi dans le regard de Claire, rencontre fortuite, qui enchante à sa manière un moment de deuil; qui lui fait traverser ce chemin difficile avec toute la légèreté dont elle est capable.

Drew, après 8 ans de travail acharné, vient d’essuyer le fiasco le plus mémorable de sa carrière. Chargé d’une sérieuse envie d’en finir avec la vie, cette dernière lui rappelle subitement qu’il peut être confronté à bien pire: la mort de son père. Contraint de traverser les Etats-Unis pour organiser les funérailles de ce père inconnu aux côtés d’une famille qu’il ne connait pas plus, son voyage s’avèrera plus surprenant que prévu. Car en chemin, il rencontre Claire, d’un inébranlable naturel enthousiaste et optimiste, qui va le guider, à sa manière, sur le chemin de la vie et l’épauler dans son processus de deuil. 

Kristen Dunst est dans ce rôle assez incroyable: pleine de vie, pétillante, surprenante, drôle ! Elle devient l’instigatrice d’un jeu de pistes où vont s’entrecroiser le douloureux mais nécessaire processus de deuil et la possible rencontre amoureuse.

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Cameron Crowe construit ainsi un voyage romantique quasi initiatique, en entremêlant l’amour et la mort, la passion et la mélancolie, en convoquant ses personnages aux confins de la nécessité des sentiments, quelqu’ils soient, et en sublimant le tout par une bande son incroyable.

Rien de surprenant cela dit, la musique étant clairement le domaine de Crowe: ancien journaliste à Rolling Stone, sa culture musicale est sans failles, et ajoute du sens à ce voyage de mémoire qui finalement s’interrompt pour laisser place à la possibilité de vivre l’histoire d’amour qui en était le fil conducteur...

 

Rencontres à Elizabethtown n’est certes pas parfait, est encore moins dénué de maladresses, mais, bien qu’Orlando Bloom ne soit clairement pas convainquant tout le temps, on retiendra ces jolies séquences pleines de vie, et finalement assez justes: une conversation téléphonique improvisée qui, par le charme de la découverte de deux êtres généreux, dure toute une nuit, pour se terminer sur une rencontre au petit matin, seul moyen pour eux de réussir à raccrocher (et ce n’est même pas niais, je vous assure !)... des regards, des rires, des instants finalement assez simples, mais qui contribuent à construire ce sentiments amoureux aussi improbable que réaliste.

L’absence de niaiserie tient dans le rythme du film je pense, un rythme plein de césures nécessaires pour ne pas se laisser engluer dans les sentiments mais pour toujours revenir à l’essentiel: l’émotion d’un instant.

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Voilà presque 10 ans, Cameron Crowe signait donc un film sensible, un brin trop romanesque peut-être, mais chargé d’une douce mélancolie et d’une belle humanité, qui nous rappelle certainement que l’amour est peut-être la clé...

Certains diront que l’on est loin du talent de Crowe oscarisé pour «Presque Célèbre» ou de la subtilité de «Jerry Maguire»... certes... Mais personnellement j’ai trouvé ce film plein de charme...

Et Kristen Dunst est quoiqu’il en soit, dans ce rôle, vraiment touchante de générosité et de sincérité...

 

Même si initialement les films romantiques ne sont pas ceux que je préfère, je me réjouissais à l’idée de chroniquer celui-ci car il m’a laissée ni indifférente ni écoeurée d’amour dégoulinant! ;-) 

Cette chronique me permet par ailleurs de participer à la deuxième édition du ciné-club de Potzina où le thème est l’Amour

Voilà qui est parfait !! ;-) 

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