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Déjà récompensé aux Golden Globes au début du mois par deux prix dont celui de Meilleur acteur dans un drame pour Eddie Redmayne dans le rôle de Stefen Hawking, "Une merveilleuse histoire du temps" promet de belles surprises à venir avec 5 nominations aux Oscars et 10 nominations aux BAFTA.

Il faut reconnaître que la prestation de Eddie Redmayne est assez sidérante: Il endosse incroyablement le rôle de ce physicien paralysé par la maladie de Charcot dont chaque mouvement devient progressivement impossible et qui va jusqu’à perdre l’usage de la parole.

Etudiant en Cosmologie à l’Université de Cambridge, et amoureux de la jeune étudiante en Lettres Jane Wilde, Stephen Hawking débute ses travaux de thèse portant sur le temps et l’origine des trous noirs. Très vite rattrapé par un cruel diagnostic de dystrophie neuromusculaire qui s’attaque à sa motricité et son élocution, les médecins lui donne à peine deux ans à vivre.
A force d’amour et de courage il termine son doctorat et construit une solide vie de famille avec Jane. Même si son corps se dégrade, il poursuit ses travaux sur le temps en repoussant les frontières du champ des possibles.  

S’appuyant sur le récit autobiographique qu’à écrit Jane Hawking, dans lequel elle retrace la vie qu’elle a partagé auprès de Stefen, le film retrace la vie du physicien, ces recherches et son combat.

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Outre la performance remarquable de Eddie Redmayne, le film surprend par sa dynamique.

Car si la mise en scène est un peu trop stéréotypée à mon goût (cela dit elle est un peu simple mais parfaitement maîtrisée donc elle gagne plus qu’elle ne perd à servir le propos), le rythme lui est parfaitement équilibré. Pas de longueurs, quelques redites dont on aurait pu vouloir être dispensés, mais qui contribuent malgré tout au développement d’une charge émotionnelle efficace.

Personnellement j’ai été émue à de nombreux moments. Blâmez mon coeur d’artichaut tant que vous voudrez, mais oui, j’ai trouvé que sur ce coup là, James Marsh avait bien fait son job ! Les instants de gravité et d’émotion sonnent justes.

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Le travail sur le maquillage et les accessoires nécessaires au rôle de Eddie Redmayne (prothèses pour marquer les callosités de son corps, transformation de son visage...) sont quant à eux vraiment bluffants. Quoique certainement pas autant que son jeu (sans recours à la paroles et avec quasiment plus aucun geste, Eddie Redmayne parvient à exprimer dans son regard, au travers de la déformation de son visage, tellement d’émotions... c’est franchement impressionnant !)

Par ailleurs, le travail autour du rôle de Jane Hawking, tenu par Felicity Jones, est lui aussi remarquable: la sensibilité, le calme et la rigueur de cette femme qui a porté la réussite de son mari et de leur famille sur la force de leur amour ne laisse pas indifférent... Son jeu est d’ailleurs très maîtrisé, à l’image de la femme qu’elle incarne. Chaque geste est quantifié, chaque intonation de voix également. Et une fois encore, costumes et accessoires, bien que plus «normaux» semblent pleinement participer à étoffer son jeu.

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Evidemment, tout cela, et le brin d’académisme de la mise en scène tend à rendre un film (bien que britannique) adapté au moule Hollywoodien, on ne va pas se mentir. Mais peu importe, le résultat est tout de même très honnête et mérite des louanges.

Au moins celles de découvrir une histoire de vie tellement impressionnante, qu’elle force au respect.

Alors bien sûr, certains crierons à la vulgarisation d’un propos bien trop aseptisé pour être qualifié de cinéma... certes... mais cela m’est bien égal ! D’autant que Stefen Hawking lui-même a consacré une partie de sa vie à vulgariser un propos tellement vaste qu’il voulait le mettre à la portée de tous...!

Même si esthétiquement on n’atteint pas des sommets, même si il choisi parfois quelques facilités, ce film mérite donc d’être vu, ne serait-ce que pour la performance d’Eddie Redmayne !

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