Il y a quelques semaines, je me (vous) questionnais quant à savoir s’il «fallait» aller voir Birdman au cinéma. Chargé de ses nombreux Oscars son arrivée en salle a été détonnante, et l’engouement de la critique et du public aussi. Du coup, vous commencez à me connaître ^^ j’ai pas mal hésité, et beaucoup traîner la patte avant de m’y rendre !

Assez convaincue que ce film restait à voir (techniquement il fallait que je vois ce plan séquence quasiment sans coupure, ça me turlupinait cette histoire ! Et, le casting m’appelait !) je n’étais tout de même pas d’un enthousiasme débordant, car la foule dans les salles de ciné, m’exaspère un peu, et la pléiade de critiques que j’avais lu me donnait la sensation d’avoir déjà vu le film (oui, je sais, on ne lit pas les critiques d’un film avant d’aller le voir... je sais... mais je ne sais pas résister...) :-(

Cela étant dit, et printemps du cinéma oblige (côté nombre de gens dans la salle finalement, c’était raisonnable car bien que toujours à l’affiche, le plus grand nombre l’avait déjà vu, ce qui arrangeait bien mes affaires !) j’y suis finalement allée !

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Verdict ?

Un vraiment bon moment de cinéma !

... J'étaye un peu ma réponse...! ;-)

Alejandro Gonzalez Inarritu nous propose un film pour le moins déconcertant ! J’avais beau, je l’ai dit, avoir l’impression, à force de trop de critiques lues, d’avoir déjà vu ce film, en réalité, la surprise a été totale.

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Bien plus que ce que j’imaginais (je ne sais pas trop à quoi je pensais !) ce film est un film sur le cinéma, sur le métier d’acteur, sur les travers de la célébrité, et... sur la critique. Et le constat n’est pas tendre ! (oui, nous ça va, on s’en sort bien, nous ne sommes que de petits blogueurs qui donnons nos avis... mais quelques part, les critiques qui font et défont des carrières en prennent pour leur grade...)

En réalité, on ne va pas se mentir, Inarritu règle un peu ses comptes avec la profession. Est-ce qu’on lui en veut ? Non... Et visiblement avec autant de récompenses, la profession non plus !

Il est clair que si il règle bel et bien certains comptes, il le fait brillamment...

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Et alors, ce plan séquence tout le long du film ? Bon, on ne va pas se mentir, il est un peu pipé... Il y a des coupes. Evidemment. Mais malgré tout, on se laisse prendre dans cette dynamique particulière et on suit à la fois le propos, et les personnages, au plus près. Car il va sans dire que ce parti pris de filmer en continu créait un univers intimiste, étayé par le huit-clos théâtral qui confine le propos et les émotions au plus près du spectateur.

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L’entremêlement, au sein du scénario, de séquences dont on sait plus vraiment distinguer la réalité du fantasme nous emporte dans une dimension à la fois totalement onirique mais malgré tout bien réelle. Le repositionnement du spectateur au sein d’une réalité dans laquelle il ne se perd finalement pas est due à l’apport des personnages secondaires, qui, aussi singuliers et dérangés qu’ils paraissent, recentrent la dynamique décousue du héros et nous ramène à lui.

Il demeure le flottement de la fin... quelques minutes, desquelles je ne dirai pas qu’elles sont en trop... mais, le huit-clos une fois rompu, la magie n’opère plus...

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Et puis, il y a, tout au long du film, les solos de batterie, qui sont, un coup de génie. Pas de musique mélodique, juste ces sets de batterie improbables et surprenants qui viennent déstructurer nos habitudes de spectateurs, mais restructurer la dramaturgie. Cela participe à une vraie proposition artistique absolument géniale !

Michael Keaton est impressionnant... Son personnage est complexe, charismatique, déconcertant... Edward Norton et Emma Stone sont également saisissants ! 

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Une limite au génie sinon ? Le rythme. Le film n’en manque pas, bien en contraire, et c’est peut -être son travers... On s'essouffle un peu à force de vouloir tout suivre! Tout va un peu trop vite, et on a la sensation parfois de tourner en rond, ou d’avoir le vertige... On perd un peu pied mais... finalement on s’en remet ! ;-) Et on se laisse même emporter !