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Adapté du roman éponyme de Philippe Vilain (que je n’ai pas lu), «Pas son genre» réalisé par Lucas Belvaux met en scène Emilie Dequenne et Loïc Corbery dans le rôle d’une coiffeuse arrageoise et d’un professeur de philosophie parisien aussi différents que peuvent l’être une timbale et une citrouille... c’est dire !

 

Ainsi, coincé à Arras pour une année, Clément s’ennuie de cette vie parisienne bien trop loin de lui, et décide donc d’occuper son temps à séduire Jennifer, la jolie coiffeuse de son quartier qu’il trouve fort à son goût.

La belle, ayant un peu l’expérience de la gente masculine, mais croyant fermement au grand amour (l’imbécile!) se fait d’abord désirée, puis succombe au beau parleur de philosophe.... qui soit dit en passant, sait assez bien lire, certainement écrire, mais assez peu parler... des choses de la vie en tout cas.

Bref. Sur le papier ça ne semble pas pouvoir coller, dans la première moitié du film ça ne fonctionne pas trop mal et dans la seconde moitié, tout fiche le camps. Classique.

 

Si je n’ai pas détesté ce film, je l’ai trouvé un petit peu trop attendu en revanche...

Le personnage de Loïc Corbery est assez linéaire, sans réelle évolution; autant j’apprécie l’acteur, autant son personnage est assez lisse et presque ennuyeux en réalité. Même si, des deux, c’est celui que je préfère et que je comprends le mieux. Emilie Dequenne quant à elle est assez incroyable, mais j’avoue que je préfère mille fois son personnage dans la seconde partie du film. Au tout début, j’avais quand même un peu envie de la faire taire.

 

Ce qui me dérange un peu à vrai dire dans ce film, c’est que dans l’absolu je n’avais pas envie de voir ces deux personnages se rencontrer. Ca n’a pas vraiment de sens. Ca ne fait pas vraiment rêver. C’est même quasi irréel qu’une telle rencontre puisse se produire. Et quand bien même, Clément est un personnage suffisamment réfléchi pour savoir qu’il n’a aucune envie que cette histoire le mène où que ce soit. Ce qui m’a fait dire pendant tout le film qu’il se moque ouvertement de Jennifer, en pleine conscience. Et je n’aime pas ce genre de personnage. Pour autant, je n’aime pas non plus qu’elle se laisse séduire alors qu’il est évident que ça ne va très bien se finir... et de la voir complètement spectatrice de sa propre vie pendant toute la première moitié du film, c’est vite agaçant.

Heureusement, la seconde moitié du film propose un regard un petit peu plus équilibré sur ce «couple» et quoiqu’il en soit met en exergue le talent de ces deux acteurs.

Emilie Dequenne est assez éblouissante, avec un panel de jeu incroyable et une jolie justesse.

A part ça, mis à part quelques lenteurs et certains gros plans qui ont eu le don de m’agacer, le film a un bon rythme et reste cohérent.

 

Un sympathique moment de cinéma donc, si on ne tente pas absolument de le décortiquer, si on laisse l’émotion nous embarquer, les éclats de rires résonner et le charme (de la belle Emilie) opérer...