Je n’avais pas vu la Bande Annonce. Je ne m’étais pas intéressé à ce qui en avait été dit en amont. Je n’avais pas d’atomes crochus particulier avec le réalisateur Steve McQueen ni aucun des acteurs. Le sujet ne m’interpellait pas particulièrement. 

 

J’y suis allée par curiosité juste sur le titre et après avoir brièvement lu le pitch sur Allocine. Aussi parce qu’à l’heure où j’avais projeté d’aller au ciné, c’était un peu ça ou rien ! (j’ai dis plus de dessins animés un mercredi !... enfin, je m’y tiens tant que je m’en souviens, mais je vais vite oublier et me faire à nouveau avoir !!)

 

Donc finalement je n’allais, pour une fois, rien vérifier. Ni les on-dits, ni les avis, ni les prix décernés par les festivals.

Bref, rien de ce qui pleut sur ce film.

 

Et finalement, sans à priori, qu’en ai-je pensé ? 

Et bien, c’est assez étrange, car en sortant de la salle, je n’étais pas plus emballée que ça. De manière habituelle, j’ai écouté les avis des gens qui discutaient sur le film (c’est un défaut épouvantable la curiosité, d’autant que je ne parviens pas à en guérir !)... Devant moi, un monsieur avait adoré. Littéralement transcendé ! A ses côtés, un autre avait détesté. Une femme a dit n’avoir pas tout compris et du coup pas vraiment apprécié. Une autre avoir été dérangé par le propos.

 

Pour ma part rien de tout ça. 

Je n’ai pas détesté avant tout grâce à la mise en scène, parce que j’y ai trouvé tout un tas de petits détails, j’ai aimé imaginer comment certains plans avaient été mis en place, aimé comprendre pourquoi ici tel placement, et ici tel traveling... j’ai aimé la mise en scène parce que je l’ai comprise. Parce que dans cette compréhension de la nécessité de la technique dans un tel film j’ai saisi une part du sens du propos.

Cela dit, je me suis demandé si, percevoir à ce point la réalisation ce n’était pas admettre un creux évident dans le scénario. Mais non, pas en tant que tel.

Cependant, sans être insuffisant, le scénario ne comporte rien de transcendant. 

Je ne suis pas sortie choquée, dérangée, perturbée, ni quoique ce soit d’autre. Je suis sortie en me disant, qu’avec un sujet pareil, ils auraient pu faire beaucoup, mais alors, beaucoup plus trash. 

Au lieu de ça, une fin presque entendue dès le début, un déroulement évident à peine rehaussé par quelques plans esthétiquement intéressants, mais scénaristiquement muets...

Alors, si je n’ai pas détesté, si j’ai compris, je n’ai vraiment pas été transcendée. 

 

Sauf qu’en 24 heures je me suis surprise à repenser à ce film une bonne dizaine de fois, à revoir des scènes, à repenser la réaction des personnages, à envisager ce que moi j’aurai pu ressentir, dire, faire selon si j’avais été tel ou tel protagoniste.

Et ce genre de ressenti ne m’arrive que très rarement à propos d’un film (ou même d’un livre), et en général, lorsque ça arrive, je dois admettre de manière très logique que c’est la preuve, s’il en est, que le propos m’a vraiment interpellé.

 

Alors, force est de constater que oui, ce film est dérangeant d’une certaine manière. En tout cas, il n’est pas banal. Pas autant que j’avais bien voulu le dire au premier abord. 

Mais là où ce film est vraiment dérangeant, c’est qu’il est insidieux. Parce que justement il parvient, l’air de rien à s’insinuer dans les tréfonds de nos (mes) pensées, et, de fait, dans la part inconsciente du cerveau, celle où précisément, il prend racine, aux tréfonds des doutes, des pulsions, des ancrages même des névroses certainement...

 

On m’avait pourtant prévenue que Steve McQueen était capable de ce genre de choses... je n’avais pas voulu entendre. Et bien à défaut d’entendre, j’ai vu !

 

 

Drame Britannique de Steve McQueen avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale. Durée: 1h39.

Interdit aux moins de 12 ans 

Synopsis Allocine.fr: «Le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup. Quand sa sœur Sissy arrive sans prévenir à New York et s'installe dans son appartement, Brandon aura de plus en plus de mal à dissimuler sa vraie vie...»


Shame : bande annonce