Vous savez ce qui compte parmi ce que j’aime le plus ? Les cinémas ! Mais pas n’importe lesquels... Les petits cinémas de quartier ! Et surtout... les gens qui travaillent dans ces cinémas ! Ces passionnés qui ont vu tous les films que vous allez voir et avec lesquels vous pouvez prendre le temps de discuter...

Je ne nie pas que j’ai une super carte d’abonnement à l’année dans un grand cinéma pas du tout indépendant.

Non parce qu’on va pas se mentir, quand on va au cinéma au moins 2 à 3 fois par semaine, y’a un moment où:

1/ on va voir des trucs grand public qui ne sont pas diffusés dans les petites salles... (oui je sais, c’est pas brillant brillant mais se faire des avis sans voir tout un tas de films, même très moyens, c’est pas simple...!)

et 2/ réalité économique oblige, un abonnement qui diminue de plus de moitié le tarif d’une place, c’est pas toujours négligeable... 

Mais, outre cet abonnement dont je tairai le nom, je passe quand même beaucoup de temps dans mon petit cinéma préféré caché au fin fond de la ville.

 

Et ce qu’il y a de génial, ce que je préfère par dessus tout, c’est quand j’arrive avec mon air dépité de celle qui ne s’est toujours pas décidée quant à savoir ce qu’elle va voir, 4 minutes avant le début des projections, et que la dame derrière la caisse me dit «allez voir Whiplash» en me tendant le ticket tout net ! Et qu’elle ajoute l’air de rien «tout le monde a adoré, vraiment». 

Voilà, c’est exactement ça, la dame derrière la caisse, elle connaît son métier ! 

Et croyez-moi, elle ne se trompe jamais ! ;-) 

 

La dame du ciné, elle ne fait pas de très grands sourires, elle ne vous salue pas comme si vous étiez sa grande copine, mais elle SAIT ! Elle sait que vous venez toutes les semaines et elle sait ce que vous aimez aller voir ! Et ça, moi, ça m’émeut. Je n’y peux rien.

 

Alors voilà, parce que je sais que les petits cinémas indépendants sont peuplés de gens passionnés qui à leur manière contribuent à nous rendre passionnés nous aussi, je voulais juste dire, MERCI ! 

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Ceci étant dit, et pardon pour cette introduction à rallonges, je suis donc allée voir Whiplash sur les conseils de la dame du ciné donc ! ;-)

 

Et je dois le dire sans retenue, ce film m’a fasciné ! 

Tout, de la mise en scène à la bande son en passant par un scénario carrément névrosé, m’a interpellé.

 

C’était presque physique comme impression. 

Ce film pousse l’obstination et la névrose jusqu’à leur paroxysme: un sentiment malsain de  douleur et de jouissance pour accéder à l’excellence. Grandiose.

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Sous tendu par les sonorités quasi viscérales du jazz, transcendé par les sublimes interprétations de Miles Teller et J.K Simmons, aussi tranchantes que torturées, et sublimé par une incroyable photographie paradoxalement chaude et douce, ce dernier film de Damien Chazelle est une décharge de sensations plutôt inhabituelle mais juste sidérante.

 

Un point faible néanmoins ?

Oui, un petit... quelques longueurs, notamment sur la fin. Mais, le montage est suffisamment subtile et intelligent pour que l'on puisse passer outre.

Le sentiment de répétition, de boucle permanente qui jalonne le film, quant à lui, est plutôt la clé de l’obsession qui habite chacun des deux personnages, et devient vite le point central du film. Avant d’être une lacune qui sous-tendrait l’ennui, c’est plutôt l’axe majeur du propos: quelque chose qui voudrait que de la répétition naisse l’excellence. 

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Aux amateurs de musique en tout genre, aux batteurs qui connaissent les affres d’une technique arasante, aux musiciens qui arpentent ou qui ont arpenté (voire qui arpenteront !) les couloirs des conservatoires, aux perfectionnistes et aux passionnés, ce film parlera certainement !

Et à tous les autres... Il est très probable que la rencontre entre Andrew, jeune batteur passionné de jazz rêvant de compter parmi les meilleurs musiciens de sa génération, et Fletcher, intraitable professeur charismatique au sein du très prestigieux conservatoire de Manhattan, ne vous laisse pas indifférents !

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