Avec 5 récompenses dont un Oscar, Julianne Moore a été largement remarquée pour ce rôle de linguiste atteinte de la maladie d’Alzheimer dont l’état se dégrade inexorablement... Même si elle était remarquable bien avant ce rôle, il faut reconnaître qu’elle est ici bouleversante et que l’Oscar était amplement mérité. Mais il serait injuste de ne pas faire valoir la contribution des autres acteurs à cette émotion, en particulier Kristen Stewart, qui une fois encore, surprend par sa justesse.

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Alice est mariée à John avec lequel elle a eu trois enfants: Anna, Tom et Lydia. Professeur de linguistique sur le campus de Colombia, plébiscitée dans tout le pays, elle mène une vie professionnelle et familiale épanouie. A la suite de quelques fâcheux incidents de mémoire et d’orientation, elle consulte un neurologue qui lui diagnostique un Alzheimer précoce et héréditaire dont la dégénérescence est brutale (compte tenu de son âge). Se perdant peu à peu dans les méandres d’une mémoire défaillante, Alice lutte pour rester, malgré tout, elle même. Accompagnée par ses proches, de manière tout à fait différente selon leur personnalité, le film fait état de son combat bouleversant face à la maladie.

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Adapté du roman de Lisa Genova «L’envol du papillon», spécialiste des neurosciences qui s’est inspiré de ses recherches, ce film puise son ressort bouleversant dans la précocité de cet Alzheimer qui apparaît comme une injustice implacable qui veut que n’ayant pas fini de se créer des souvenirs pour l’avenir, Alice les perd déjà. Malgré tout, poussée par une volonté incroyable, elle s’accroche à son quotidien et à sa relation à son mari et ses enfants. Elle tisse une relation privilégiée avec sa fille Lydia (Kristen Stewart), apprenti actrice à l’autre bout du pays, qui, bien que loin et dans une sorte de conflit permanent avec cette mère qui ne la comprend pas toujours, fait fi de toutes ces différences pour construire une relation au jour le jour, absolument bouleversante. La relation qui se tisse entre cette mère qui se perd et sa fille qui apprend à devenir elle-même est touchante et sonne juste. 

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Cela dit, le film n’est pas exempt de maladresse et le casting reste clairement le point fort, car la mise en scène en revanche, est un peu fade...

Si la réalisation est américaine (Richard Glatzer et Wash Westmorel), une partie de la technique est française, notamment la direction de la photographie (Denis Lenoir) et le montage (Nicolas Chaudeurge), dans le soucis d’une mise en scène très intimiste.

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Le point de vue du film est exclusivement celui d’Alice, et, pour permettre au spectateur de percevoir ses émotions, ses doutes, ses angoisses, le parti a été pris d’une réalisation très épurée, qui confère au film, certes, un sens très intime et très proche de son personnage, mais qui ferme la porte à une palette de sentiments plus étoffés, moins dramatiques. Certes, le film ne verse pas dans un pathos déplorable, mais il reste collé à un sentiment de compassion et d’inexorable, assez pesant. Bien qu’il soit difficile de passer outre le personnage d’Alice, la mise en abîme plus marquée des autres personnages aurait contribué à acquérir un autre point de vue qui aurait pu désamorcer, un peu, l'inexorable drame.

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Néanmoins, le rôle de Lydia participe à rendre le propos plus accessible, et Kristen Stewart, aux côtés d’une Julianne Moore incroyable, est réellement remarquable.

Un film en demie-teinte pour moi, mais probablement plus parce qu’il vient générer un malaise au-delà duquel je ne parviens pas à passer, pour l’apprécier, plutôt qu'à cause de ses manquements ...

A bien des égards, donc, ce film rempli son rôle: il nous touche, nous émeut ou nous bouleverse... bref, il vient chercher en nous quelque chose que l'on voudrait inaccessible... Le but est, je crois, atteint.

Et vous, l'avez-vous vu ? Qu'en avez vous pensé ? Vous a-t-il touché ?