245119

J’avais vu en son temps «Des vents contraires» de Jalil Lespert et plutôt aimé son travail de réalisation, tout en sensibilité. 

Je me sens obligé d’ajouter aujourd’hui, «...et en précision». 

Car de tout le film qu’est ce biopic «Yves Saint Laurent» c’est ce qui m’a le plus marqué. Cette volonté de précision visuelle et esthétique. Pour un film sur le plus grand couturier de son temps... cela semble n’être qu’hommage.

 

Sauf que, c’était sans compter que le film nous parle certes d’Yves Saint Laurent, mais nous montre une autre vie, nous raconte une autre histoire, celle de Pierre Berger. Derrière l’artiste, le Pygmalion... ou du moins le guide et parfois le sauveur... 

 

Si je suis très honnête, je suis obligée d’admettre que je n’aime pas beaucoup Pierre Berger... Le film n’y changera rien, je ne l’ai jamais beaucoup apprécié, du moins, l'image qu'il renvoit dans les médias, sur la scène artistique...

Sachant qu’il avait «accrédité» ce film face à «Saint Laurent» le film de Bertrand Bonello qui sortira en octobre, je ne partais pas convaincue.

 

En vérité, j’ai plutôt apprécié le film. Bien que je n’aime pas le scénario comme il a été construit, car il est évident qu’il n’a ici été dit que ce que Pierre Berger souhaitait, (et cela, bien que oui, «des voiles aient été levés» sur la vie des deux hommes... mais rassurons-nous la morale resterait presque sauve et le blason du saint homme ayant «supporter» et protéger l’autre Saint -Laurent- est parfaitement redoré... ) et en bon exécutant d’un scénario un peu lissé, Jalil Lespert a été indulgent et protecteur vis à vis de ce personnage principal, à l’instar de son personnage (secondaire ?) qui ne cesse de s’en targuer tout au long du film.

Ceci mis à part, esthétiquement et techniquement, la réalisation est belle. Je dois dire, que d’entrée de jeu j’ai été séduite, et j’ai d’ailleurs adoré la toute première scène, toute en délicatesse, qui nous fait pénétrer dans un lieu (symbolique pour Saint Laurent) afin de mieux nous amener dans une vie... la lumière était particulièrement belle et il y avait là-dedans, quelque chose qui semblait assez sincère.

Tout au long du film, on retrouve cette manière de filmer, à la fois très proche et très lointaine. Des clairs et des obscures, des pleins et des déliés...

C’est cette sensibilité qui m’a touché. Et c’est sans conteste cette sincérité qui sauve le film... Et pas seulement celle de Lespert...

 

Car, oh mon dieu, comme ces deux acteurs sont éblouissants !

Vous en voulez de la sincérité, de l’honnêteté artistique, du travail de Titan ? Le jeu de Pierre Niney est époustouflant. Certains l’ont dit, il est évident qu’au delà de jouer Saint Laurent, il l’incarne, c’est stupéfiant. 

Que dire de Guillaume Gallienne, qui bien avant ça avait déjà été mille fois convainquant ? Il est sublime de subtilités, de délicatesse... Bref, vous ai-je dis que j’ai adoré ces deux acteurs ?! ;-)

Est-il nécessaire de préciser que du haut de ses presque 25 ans, Pierre Niney est pensionnaire de la Comédie Française (depuis 2010), alors que Guillaume Gallienne en est lui sociétaire (devenu le 513e en 2005), et que donc, y’avait quand même des chances que les deux ensembles, ça fonctionne... quoique autant de talent, ça aurait pu s’annuler, non ?...!

 

Il n’en est rien, et le résultat, bien qu’en demi-teinte selon moi d’un point de vue strictement scénaristique, est joli sur le plan de la réalisation et sublimissime quand au travail des acteurs !

 

J’ai hâte, maintenant, je dois l’admettre, de voir l’autre biopic, celui de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel... 

 

Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert avec Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte le Bon, Laura Smet, Marie de Villepin

"En 1957, à tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie. Amants et partenaires en affaires, les deux hommes s’associent trois ans plus tard pour créer la société Yves Saint Laurent. Malgré ses obsessions et ses démons intérieurs, Yves Saint Laurent s’apprête à révolutionner le monde de la mode avec son approche moderne et iconoclaste." (Source Allociné)