boligan

Ce n’est pas la ligne originelle suivie sur ce blog, qui, avant tout, se veut culturel et tourné vers le cinéma, mais, les récents évènements ont des conséquences que j'ai décidé de ne pas ignorer.

Je prends donc le parti d’exprimer ici d’autres choses, plus engagées, moins légères et plus graves... Je prends le parti d’exprimer ici un avis ô combien plus personnel.

J’use pour cela de cette forme de liberté que nous endossons lorsque nous écrivons.

Ecrire et garder la possibilité d’exprimer un avis sont pour moi trop importants pour en ignorer le droit.

 

Je me fais donc la petite voix qui souhaite vous rappeler modestement qu’ailleurs, bloguer n’est pas qu’un jeu, un passe-temps ou un métier sans risque. 

Nous, nous prenons le temps de donner nos avis, sur des films, des livres, des envies, et nous le faisons librement. Nous le faisons par plaisir.

Nous ouvrons des débats, parfois futiles, d’autres fois plus graves. Mais nous échangeons, simplement, nous partageons nos idées, librement.

Bloguer est pour certains d’entre nous devenu un métier, mais pour la plupart, c’est avant tout une passion, sans conséquence.

 

En cela, nous sommes privilégiés. Et il nous faut garder cette idée dans un coin de nos têtes, et nous en réjouir.

 

Car il arrive qu’ailleurs... bloguer, donner son avis, partager une idée, inciter au débat, est un crime lourdement condamné.

 

Vendredi 9 janvier dernier, Amnesty International relayait cette information insoutenable: Pour avoir «exercé son droit à la liberté d’expression et incité au débat public» (en militant pour "un régime politique plus libéral et un rigorisme religieux atténué"), le blogueur militant saoudien Raif Badawi a été fouetté le matin même en place publique devant la mosquée al Jafali à Djedda. 

Une première flagellation de 50 coups de fouets qui précède les 19 autres qui doivent avoir lieu chaque semaine jusqu’à atteindre les 1000 coups de fouets auxquels il a été condamné, qui viennent s’ajouter aux 10 ans de prison et au million de rials saoudiens, pour avoir «insulté l’Islam».

 

Amnesty International rappelle que «la flagellation est un acte d’extrême cruauté, prohibé par le droit international» et demande que les autorités d’Arabie Saoudite «prennent sans délai des mesures pour que les flagellations ultérieures n’aient pas lieu».

C’est également le voeux de l’épouse de Raif Badawi depuis de longs mois, qui demande que les autorités respectent les traités internationaux qui garantissent la liberté d’expression.

 

Raif Badawi est prisonnier d’opinion depuis 2 ans déjà pour avoir mis en ligne un forum de débats publics et sociales en Arabie Saoudite.

Sa femme et ses enfants se sont réfugiés au Canada.

 

Je crois qu’il nous revient de ne pas oublier ces atrocités, ces absurdités, et d’essayer au moins, de les dénoncer.

 

Nous en avons été ces derniers jours les témoins abasourdis, la liberté d’expression est en danger.

Mais chacun de nous doit la défendre. Car, je l’ai déjà dit ici, elle est ce que nous sommes.

Illustration en haut de page: Boligan

david pope

 

Edit du 15 janvier: Gardons en tête que l'Arabie Saoudite était représentée lors de la Marche Républicaine du 11 janvier dernier. Que ce pays, pour servir ses intérêts politiques choisisse de s'associer à la lutte contre une certaine branche du terrorisme est une chose. Mais qu'il soit représenté au côté de notre président pendant que l'on scande haut et fort les valeurs de notre République dont les fondements sont la laïcité et la liberté d'expression, ça invite à rire jaune, non ?... voire à se moquer ouvertement !